Niagara_dit_Niag_ou_l_amour_inconditionnel_d_une_petite_ma_tresse_pour_son_chat 

  

 

L’histoire commence en Lorraine, près de Nancy.

Une famille décidant de rendre un chat heureux, regardait un journal de petites annonces. Elle en vit une, publiée par une association bien connue, présentant un chat gris à adopter dans une famille, pas très loin de leur village.

Arrivés à l’adresse indiquée, on présenta à la maman et aux enfants un chat tigré ! Mais peu leur importait, ils repartirent avec lui aussitôt.

Ils décidèrent de l’appeler Niagara.

Niag 000

Peu de temps après la famille reçut la visite de deux personnes de l’association voulant s’assurer que le chat allait bien. Niagara était alors dans le jardin, en plein hiver, cela leur fut reproché mais l’entretien se termina bien.

Il fut question de la misère animale, la maman parla dans la foulée de la misère humaine. Elle fut surprise du peu d’empathie que cela suscita chez ses interlocutrices qui lui répondirent sèchement qu’il y avait des associations pour cela.

Par la suite la maman eut maintes fois l’occasion de constater les mêmes réactions chez bien des défenseurs des animaux.

« On n’a pas deux cœurs, un pour les animaux et un pour les humains. On a un cœur ou on n’en a pas. « écrivait Alphonse de Lamartine.

Comme il a raison !

Mais revenons à Niagara, oui c’était un chat d’extérieur, il allait dehors par tous les temps, la neige ne le dérangeait pas. Il arrivait même qu’il passe la nuit dehors, l’hiver, malgré les appels de sa famille.

Mais le pauvre a vu son mode de vie changer brutalement.

La maman et les enfants durent partir en Guadeloupe, ils laissèrent Niagara chez la mamy  le temps de trouver un appartement.

Ils s’installèrent à Pointe à Pitre, tout près du lieu de travail de la mère de famille.

L’appartement était neuf, super agréable mais il se situait au 3ème étage sous les toits.

La maman se demandait vraiment s’il fallait faire venir Niagara ou pas, mais la petite fille ne voulait pas rester séparée de SON chat.

Niagara fit donc le grand voyage. Il partit en voiture jusqu’à Orly et prit le grand oiseau blanc ensuite. Il ne connut pas la soute, il put voyager en cabine avec l’ami du fils de la famille qui l’amenait.

Frustré de ne pouvoir se balader comme à son habitude, il essaya, un soir, de s’aventurer sur les toits. Il glissa sur la tôle et se retrouva bien bas, très bas, tout au bord du toit, face au vide. Fort heureusement la famille entendit le bruit de la glissade et notre ami qui avait le bras long, au sens propre du terme, réussit à le récupérer. OUF il était sain et sauf.

Cela l’avait guéri à jamais d’essayer de se sauver, Niagara passait désormais ses journées dans l’appartement.

Niagara 2

Un autre ami, originaire de l’île, lui,  nous dit un jour que Niag était dans une cage, dorée certes mais dans une cage. Il avait raison et cette phrase m’a poursuivie longtemps. Mais sa petite maîtresse ne pouvait pas se résoudre à vivre sans lui, dilemme difficile qui avait été tranché. Niagara était en Guadeloupe désormais.

Quelques années plus tard, la maman et la jeune fille repartirent en métropole, Niagara retourna quelques semaines en Lorraine chez la mamy, le temps qu’elles s’installent dans leur nouvelle ville, en Loire Atlantique. Il sortait dans le jardin, mais il y restait tranquille, sans dépasser son périmètre. Niagara s’était habitué à ne plus aller vadrouiller et n’en éprouvait plus le besoin.

Très rapidement il vint rejoindre sa petite maîtresse. L’appartement était au premier étage et disposait d’un balcon, ombragé par un grand arbre dont les branches étaient accessibles. Jamais Niagara n’a essayé de les atteindre, il restait calme sur le balcon, probablement content d’avoir moins chaud qu’à Pointe à Pitre.

Il a ressenti à nouveau les rigueurs de l’hiver même s’ils étaient moins rudes qu’en Lorraine. Il restait sur le balcon même si la porte était fermée, il savait qu’il suffisait qu’il miaule pour qu’elle soit ouverte et qu’il puisse rentrer. Une confiance totale régnait.

Niagara 3

Un après-midi en rentrant du lycée, la jeune fille vit que Niagara n’était pas comme d’habitude. Elle appela la maman qui quitta son travail aussitôt et remarqua de suite la couleur anormale de la truffe. Elles partirent chez le vétérinaire en urgence. Le verdict fut sans appel, Niagara était déjà semi comateux, il ne lui restait que quelques jours à vivre. Il souffrait d’insuffisance rénale due à son âge. Niagara avait alors 14 ans.

La décision fut prise de l’endormir pour toujours, le vétérinaire a préféré faire sortir la jeune fille et ce fut la maman qui caressa Niagara jusqu’à son dernier souffle.

Niagara n’a peut-être pas eu la vie digne d’un chat aimant l’extérieur mais il a vécu entouré et aimé, c’est ce qui devait compter le plus pour lui.

Repose en paix Niag, tu es à jamais dans nos cœurs.

Ecrit par Mabel