Petit Micro veille sur nous
Nous étions sept jolis chatons sortis de la rue en Guadeloupe. Nous avons été sauvés par une gentille fée comme il y en a fort heureusement sur notre île.
Elle nous a appelés Igwan, Coffee, Madras, Micro, Milord, Mizu et Mao.
Nous avons traversé l'océan, le 19 Mars 2016, pour rejoindre une association en métropole.
A notre arrivée nous avons été dispersés dans plusieurs familles d’accueil, sept chatons, ça faisait beaucoup à gérer. Elles ont pris soin de nous et ont tout fait pour nous faire oublier notre début de vie si difficile.
Nous n’étions pas adoptables tout de suite, notre état ne le permettait pas. En effet nous étions tous atteint de teigne.
La teigne est une maladie de peau provoquée par un champignon, comme elle est contagieuse nous étions tous infectés. Le traitement est long, il faut plusieurs semaines pour éradiquer complètement le champignon.
La carence alimentaire et les parasites digestifs peuvent expliquer pourquoi de nombreux chatons errants en sont atteints en Guadeloupe. Leur organisme est affaibli et plus sensible.
On n’imagine pas les risques de santé qu’ils encourent, sans compter les dangers qui les guettent partout.
Coffee a été adopté le premier, deux semaines après son arrivée. Sa petite bouille a fait craquer une famille de suite.
Quelques jours plus tard Igwan, lui aussi, partait vers le bonheur. Comment ne pas fondre devant ces boules de poils.
Milord et Madras étaient dans la même famille d’accueil. Ils étaient plus timides, les pauvres tous ces changements ne les avaient pas rassurés. La maitresse de maison avait réussi à les dérider à force de caresses et de jeux.
Des personnes ont manifesté le souhait d’adopter, mais ne savaient pas encore si ce serait Milord ou Madras. Elles sont donc venues leur rendre visite en espérant avoir un coup de cœur pour l’un ou l’autre. Au final, elles n’ont pas réussi à choisir et n’ont pas voulu les séparer car ils étaient toujours scotchés l’un à l’autre. Ils sont donc partis ensemble eux aussi ! Quels veinards !
C’était une semaine après Igwan.
Mao, Mizu et Micro ont été placés dans le même foyer. Ils étaient maigrichons et super gentils.
Mizu était la plus câline. Bien soignés ils ont vite pris du poids.
Micro, au milieu sur la photo, comme son nom l’indique, était microscopique, c’était le plus petit de la fratrie.
Il se révélait un chaton très à l’aise mais aussi très en demande d’attention et de contact, humain ou félin. Il était craquant, touchant, attendrissant. Il a fait fondre la dame qui les accueillait dès son arrivée. Il avait les yeux vairons, c’est-à-dire pas de la même couleur.
Adorable, il suivait la dame partout, il était tout le temps sur ses bras, sur son épaule. Très bavard aussi, il répondait quand elle lui parlait.
Malheureusement il a commencé par perdre de l’appétit et ses intestins ne répondaient plus. Après un premier traitement, il n’y avait pas d’amélioration et sa vie était désormais en danger. Un deuxième n’a pas fait plus d’effet.
Mais Micro manifestait une formidable envie de vivre, il luttait de toutes ses petites forces, alors le vétérinaire a tenté un troisième traitement. En vain. Le chaton commençait à montrer des signes de souffrance, ses miaulements n’étaient plus les mêmes. On sentait les plaintes dans sa petite voix et on lisait la tristesse dans son regard.
Je laisse sa famille d’accueil écrire la suite :
« A notre arrivée au cabinet, je sais déjà quelle va être notre décision, je le sais, je le sent. Micro souffre, il est fatigué. Je ne peux m’empêcher de le sortir de sa boite de transport pour le prendre dans mes bras afin de lui donner un maximum d’amour durant ses derniers moments avec moi.
La vétérinaire me réconforte malgré tout car elle sait que j’ai fait tout ce qu’il était possible de faire, que nous avons tout tenté pour lui.
Nous prenons le temps de lui parler, je m’excuse auprès de lui de ne pas avoir réussi, d’avoir été impuissante et de ne pas avoir pu le sauver. Je le bisouille un maximum. Il s’endort très rapidement dans mes bras car son corps est faible et à bout de force.
Merci à la vétérinaire de m’avoir permis de l’accompagner et de m’avoir laissé le temps ensuite de lui dire au revoir au calme.
Il est parti le 14 avril 2016… Vole mon petit ange. «
Restaient les petits Mizu et Mao à la maison, ils étaient très tristes de ne plus voir leur petit frère. Ils sentaient qu’ils ne le reverraient plus jamais. Ils ne s’éloignaient plus jamais l’un de l’autre.
Heureusement très vite, une DOUBLE demande d’adoption est arrivée pour eux. Il ne fallait surtout pas les séparer ! Ils ont donc eu la grande chance de pouvoir rester ensemble.
Les voici aujourd’hui, toujours collés l’un à l’autre.
Nous étions sept chatons sortis de la misère en Guadeloupe, six d’entre nous ont été adoptés et sont désormais heureux. Notre petit frère repose en paix là où il est et veille sur nous, on sait qu’il nous protègera toujours.
Ecrit par Mabel et Cécile 2









