Ma_Praline

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Ma petite Praline tu es née en métropole, tu as été sécurisée avec trois autres de tes congénères alors que vous viviez dans la nature.

Je voulais adopter une chatonne et comme j’étais en appartement je me suis renseignée sur vos caractères respectifs.

Les dames chargées de ton placement m’ont assurée que des quatre ce serait toi la mieux disposée à vivre enfermée.

Quand elles veulent placer un animal certaines personnes sont capables de dire n’importe quoi. Tu partis donc vers ta nouvelle vie un beau matin.

Les débuts ente nous furent très difficiles.

Tu étais une petite sauvageonne.

Tu n’as pas supporté de vivre enfermée, tu as fait les 400 coups.

Tu as sauté depuis le balcon sur un arbre dans le jardin de la propriété. Il a fallu aller te chercher avec une échelle.

Je me suis résolue à te laisser sortir. Fort heureusement il y avait des jardins tout autour de la résidence qui ne donnait pas directement sur la grande avenue.

Et les habitudes furent prises, quand j’arrivais le soir, tu entendais le bruit des clefs et accourais. Un rite fut alors installé. Je secouais le trousseau et tu arrivais ventre à terre. C’était un régal de te voir, tu étais devenue la vedette de l’immeuble.

Puis je suis partie vivre en Guadeloupe, avec toi bien évidemment, tu as voyagé dans ton petit sac à mes pieds.

Nous nous sommes installées dans le Zayen, à Saint Claude. Tu pouvais s’ébattre en toute tranquillité, il n’y avait qu’une seule maison après la nôtre dans le chemin.

Quand je partais les week-ends une gentille voisine qui habitait une case un peu plus loin venait te nourrir.

Tu attendais sagement sur le balcon que je rentre du travail le soir.

Plus de bruit de clefs mais le bruit du moteur de la voiture pour annoncer mon arrivée. Tu passais alors ta jolie frimousse à travers la grille.

Si j’étais en retard, tu venais à ma rencontre. Plus je tardais, plus tu avançais sur le chemin de terre.

C’était une joie d’être accueillie par toi chaque jour.

Seule ombre au tableau, un voisin qui se plaignait que tu griffais sa belle voiture en grimpant dessus et voulait que tu sois attachée mais il pouvait toujours rêver !!!

Je partais deux fois par an en métropole et je t’emmenais alors chez mes enfants à Pliane, au Gosier.

Le voyage était assez long et pénible pour toi, tu miaulais beaucoup. Pardon petite Praline de t’avoir infligé cela.

Comme je m’absentais de plus en plus souvent, je décidai pour ton bien de te confier à mes enfants.

Tu étais déjà habituée à leur maison, il y avait une grande terrasse abritée, tu dormais souvent, sur un coussin, sur une chaise, bien cachée sous la table. Tu pouvais aussi s’ébattre dans le jardin derrière.

Je venais te voir chaque week-end, je te brossais, te faisais des câlins, je t’amenais des friandises. Tout allait pour le mieux.

Plus tard, nous décidâmes tous de rentrer en métropole, tu devais faire partie du voyage bien évidemment.

Mais tu disparus subitement.

Je me souviens, comme si c’était hier, de la dernière fois où je t’ai vue, venant te frotter sur les cartons que nous étions en train de faire.

Je t’avais même chassée pour ne pas que tu renifles trop le produit anti cafards que l’on avait déposé tout autour. Pauvre petite Praline.

Je me souviens des réponses à mes coups de fil durant les jours suivants « non, toujours pas revenue ».

Trois semaines passèrent avant le grand départ et tu ne revins pas.

Moi, je suis restée quelques temps en Guadeloupe encore, je suis allée à Pliane, je t’ai cherchée, j’ai demandé à un copain du quartier de me prévenir s’il te voyait mais il ne t’a jamais revue.

Même depuis la métropole, je l’ai recontacté, j’aurais trouvé le moyen de te faire venir. Je serais allée te chercher à Paris.

Que t’est-il arrivé ma Praline ? Nul ne le saura jamais…

Je me suis posé tellement de questions. Es-tu partie parce que tu n’avais pas envie de quitter cette maison ? As-tu eu un accident ? As-tu été subitement malade au point de ne plus pouvoir rentrer ? As-tu été blessée par une personne malveillante ?

Toutes des questions restées malheureusement sans réponse.

J’ai mis des années à me remettre de ta disparition.

Je n’ai pas pu caresser un chat pendant des années.

Je ne t’oublierai jamais ma Praline, tu restes à jamais gravée dans mon cœur.

 

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Ecrit par Mabel